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La violence à l’écran en question

January 3rd, 2007 by db55



La violence à l’écran en question
Par Olivier Mongin, éditeur et écrivain

La violence est présente depuis longtemps sur les écrans, depuis les débuts du cinéma américain en passant par les westerns. Mais il est incontestable que les images dégoulinant d’hémoglobine sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses.

Suffit-il de tirer la sonnette d’alarme, d’accuser Hollywood ou les producteurs? Faut-il se contenter de dénoncer ces films parce qu’ils exercent une influence néfaste sur les plus vulnérables, autrement dit les adolescents?

Plutôt que de ressasser la vieille polémique sur les effets des images violentes, mieux vaut se demander ce que ces scénarios nous enseignent sur notre bizarre relation à la violence. À titre d’exemple, arrêtons-nous sur le dernier film de Mathieu Kassovitz, “Assassins”, qui montre la montée en puissance de la violence au fil de trois générations de tueurs. La première, incarnée par Michel Serrault, est celle du professionnel qui tue calmement, proprement. La deuxième génération l’est par un personnage joué par Mathieu Kassovitz qui a la tête embrouillée par les images de violence vues à la télévision. Il apprend à se servir d’une arme, mais ne sait guère l’utiliser, il commet des bavures. Lui-même prend sous sa protection un jeune qui incarne une troisième génération: celle qui passe son temps à jouer aux jeux de guerre sur son écran de télévision. Ce dernier finira par se rendre à l’entrée de son école pour y provoquer un véritable carnage. Morale de cette histoire: lorsque la transmission entre générations fait défaut, elle débouche sur une violence déréglée, sans limites, que l’on observe dans beaucoup de films. La principale question que pose l’exacerbation de la violence sur les écrans aujourd’hui est donc celle d’une certaine banalisation du spectacle de la violence des images. Ce qui panique aujourd’hui, c’est qu’elle ne répond a priori à aucune règle ou logique. Ces images apparaissent d’autant plus fortes qu’elles mettent en scène une “violence gratuite”.

Mais, alors, pourquoi chacun se satisfait-il de regarder ces débordements de violence? On en vient à s’interroger sur ses propres comportements.

Cette brutalité à l’écran fait penser à une certaine violence de notre société qui s’exprime à travers des faits divers ou des catastrophes. Mais ces fictions ne représentent aucune réalité, car cette violence des images est, dans la plupart des cas, beaucoup trop exagérée pour être réelle. Ces images permettent au public de ne pas affronter un monde extérieur perçu comme agressif. En fait, plus on dévore des yeux cette violence, plus on se protège de celle, diffuse et paniquante, qui traverse la société.

1. Que constate l’auteur concernant la violence?
2. Quelles questions soulève-t-il?
3. Que veut-il prendre comme exemple un scénario de film?
4. Quel est le sujet du film?
5. Que démontre le personnage joué par Michel Serrault?
6. Comment est décrit la seconde generation?
7. Quelles sont les caractéristiques de la troisième génération?
8. Quelle conclusion donne-t-il concernant la violence?

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vileeco6.jpg

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